dimanche 8 janvier 2012

Succubus blues, de Richelle Mead

Pour la plupart des gens, travailler consiste à s'extirper du lit le matin. Mais Georgina Kincaid, l'héroïne de la série Succubus, est plutôt du genre à travailler le soir, si vous voyez ce que je veux dire.
Ni voyez rien d'immoral, tout cela est purement ... démoniaque!
Après avoir vendu son âme au diable, à l'époque où Hercule décimait ses hydres et où Jason cherchait sa toison d'or, la voilà dans le Seattle du 21ème siècle, entourée de ses copains vampires et démons en tout genre, chargée d'assouvir les pulsions de tous les tocards du coin. Car pour un succube, le sexe, c'est de l'oxygène. Seulement voilà, en matière d'oxygène, la sensuelle Georgina est loin d'être regardante. D'un autre côté, pas facile de ronronner avec l'élu de son cœur lorsque chaque baiser réduit systématiquement sa longévité. Néanmoins, devant la timidité touchante de Seth Mortensen, à ses yeux véritable génie du polar américain, qui vient justement d'établir ses quartiers dans la librairie où elle travaille, et la fougue du sulfurant et néanmoins mystérieux Roman, qui met ses résolutions de bon-succube-propre-sur-elle à mal, Georgina a bien du mal à mettre sa nature en sommeil. D'autant que certaines créatures démoniaques ont été assassinées ces derniers jours et que la petite succube, prise à partie par le tueur, aurait bien besoin de réconfort...


Votre dévouée bookworm

dimanche 29 août 2010

The Luxe, a series by Anna Godbersen

Commencée il y a à peine un an, votre rat de bibliothèque vient de lire la conclusion de sa bien-aimée série "The Luxe".
Dans une ambiance à la Gossip Girls, mais avec des corsets et des calèches, une bande de gosses de riches, aux noms de familles bien sous tous rapports, enchaînent en réalité les scandales, tout en essayant de préserver un nom dont ils n'ont que faire.
Au pays des convenances (la haute-bourgeoisie de New York), les Hollands sont ruinés. Tentée par un mariage à la Rose-de-Titanic qui pourrait les renflouer, madame Holland découvre que sa fille aînée, la charmante et chaste Elisabeth, n'est pas si chaste que ça dans la petite chambrée de leur cocher. Sa sœur Diana poursuit elle la même tradition familiale, mais a au moins la décence de le faire dans les bras d'un meilleur parti... entre un job de serveuse à Cuba Libre et une fugue à Paris. Et quitte à se libérer du carcan des classes, la jeune Lina, servante de ces demoiselles, s'essaierait bien à une vie un peu plus luxueuse, et rêve de vieux monsieurs fortunés dont elle pourrait hériter.
"Scandaleux!", direz-vous? Mais faites-donc connaissance avec la survoltée Pénélope! On a tous eus, à un moment ou un autre, une camarade de classe volte-face : ange avec ces profs-représentants-de-l'autorité, mais véritable garce-je-te-tire-les cheveux dès qu'ils avaient le dos tourné. Vous voyez de qui je veux parler? Sinon, ne cherchez plus! Lisez les frasques éhontées de mademoiselle Hayes -chantage, manipulation, trahison- tout cela dans une avalanche de jupons qui ne tiennent parfois qu'à un fil de morale, et vous aurez un aperçu de ce que cette bourgeoisie a de plus malodorant.


Votre dévouée bookworm.

mercredi 18 août 2010

Les aventuriers de la mer, de Robin Hobb

En 2002, alors que je n'étais encore qu'un tout jeune rat de bibliothèque, j'ai eu entre les mains mon premier roman de Robin Hobb. Après 1 mois de lecture et 6 tomes, sa série de l'assassin royal me laissa stupéfaite, et incapable d'entamer aucune nouvelle lecture pendant plusieurs jours. L'histoire finie, mon esprit et mon imagination s'y retrouvèrent coincés, incapables de supporter la douloureuse séparation. Mais Hobb avait entendu mes suppliques, et la série continua...
Les aventuriers de la mer est un spin off de cette série, se déroulant majoritairement sur mer et à Terrilville, petite enclave de réfugiés devenus principalement des marchands, à bord de leurs navires mythiques : les vivenefs. Fabriquées à base de bois sorcier, que l'on ne trouve que dans le mystérieux désert des pluies, et qui en plus vous coûte un rein par génération, les vivenefs ont pour particularité de ... parler. Et de penser par elle-même. Inextricablement liées à leur famille de propriétaire, elles parcourent les océans, vaisseaux de commerçants plus rapides et plus solides que n'importe quels autres.
A l'aube de l'éveil de la Vivacia, vivenif de la famille Vestrit, Althéa, amoureuse de son bateau et de la navigation depuis qu'elle est capable de grimper au gréément, s'en voit dépouillé au profit de son beau-frère, homme cupide et tête-à-claques, qui décide d'en faire un transport d'esclaves. Restée à quai, Althéa s'engage alors sur différents bateaux, à la recherche d'une approbation collective de ses talents de marin, et ce afin de reconquérir Vivacia. Mais c'était compté sans Kennit, archétype du sadique refoulé et pirate mégalomane, qui s'empare du navire. Son ambition : devenir roi des pirates (mégalo, je vous l'avais bien dit). Revenue à Terrilville, Althéa s'embarque sur une vivenef déchue, Parangon, en compagnie de l'ex-second de la Vivacia - et bizarrement très séduisant - Brashen, avec pour objectif de faire désenfler les chevilles de ce Kennit. Mais les temps sont durs et la voilà obligée d'abandonner le reste de sa famille au milieu des remugles d'un début de guerre civile, tandis que les matelots engagés à la va-vite avant son départ semblent se faire l'écho du mot mutinerie. Quant à son neveu, Hiémain, otage sur la Vivacia et à l'origine voué à la prêtrise, peut-être est-il plus fait pour la vie de pirate que pour la religion après tout.

Votre dévouée bookworm.

lundi 16 août 2010

Emma, de Jane Austen

De tous les livres de Jane Austen que j'ai lus jusqu'à maintenant - et je ne ferai pas le rat de bibliothèque imbu de lui-même, ce n'était, je l'avoue, que le troisième - Emma est sans doute l'héroïne qui m'a fait le plus grincer des dents, de par sa féminité naïve et puérile poussée à l'outrance. Bien sûr, Orgueil et préjugés et son cortège de femelles Bennett avait son rôle à jouer dans le ridicule, et la sœur cadette de raison et sentiments (je ne me souviens plus de son nom) avait tout de la demoiselle-éconduite-par-un-méchant-monsieur-fourbe-qui-n'en-voulait-qu'à-sa-vertu, mais les deux héroïnes, pourtant bourrées d'oestrogènes, venaient mettre un terme et un peu de bon sens dans toute cette comédie.
Emma, c'est l'antithèse d'une Elisabeth Bennett. Romantique invétérée, elle se prend pour Cupidon et n'a de cesse de décocher ses flèches, à tort et à travers, cela va sans dire. La jeune ingénue, qui a elle-même juré de ne pas se marier, a en effet dédié sa vie à son père (hum hum), et au bonheur des autres. Débarque alors dans sa vie Harriet Smith, jeune orpheline aux origines incertaines, qu'elle entreprend de marier au riche et respecté vicaire du coin. Mais Emma va se prendre les pieds dans sa flèche, et la jeune Harriet, à trop s'entendre vanter les mérites, va changer de tour de chevilles.
Néanmoins, présentéé comme le roman d'Austen le plus abouti, cette histoire est loin d'être ennuyeuse. A grands coups de "qu'est-ce-qu'elle-m'énerve-cette-cruche", on ne repose pas ce livre, espérant voir jaillir un certain pragmatisme chez cette Emma après tout bourrée de bonnes intentions. Et un happy ending, un! qui, bizarrement chez cette bonne vieille Austen, risque de venir d'un homme pour une fois.

Votre dévouée bookworm.

jeudi 12 août 2010

Blue Bloods, de Melissa de la Cruz

Aaaah ce livre!
Oui je sais, on va me dire qu'une histoire de vampires, une de plus, c'est pas intéressant, qu'on en fait à toutes les sauces maintenant...
Oui mais cette sauce là, elle vaut le détour, croyez-moi.
Prenez Gossip Girls, ou encore la série de Anna Godbersen The Luxe pour les connaisseurs, et ajoutez-y un contexte historique mystérieux (la disparition véridique de la première colonie américaine), incorporez des adolescents bourgeois capricieux et mythomanes, mais avec des crocs, dans le New York du 21ème siècle, et finissez par une touche de meurtres inexpliqués.
Le style est correct, l'intrigue construite, le suspense haletant, et les personnages variés à souhait. Retenons comme héroïne Schuyler -seul bémol : comment prononce-t-on ce prénom?! - seule "sang bleu" (blue blood - comprenez vampire) à être née d'une union vampire-humain au cours de la longue existence des 400 sangs bleus, et qui va donc, comme toute héroïne qui se respecte, essayer d'échapper aux tentatives de meurtres tout en résolvant l'énigme.
Mais, 400 sangs bleus? Et oui, plus que des immortels, les blue bloods sont en réalité capables de se réincarner, par injection sanguine, au cours du temps (pyramide, Versailles, etc), et ont toujours compté 400 membres. Enfin, jusqu'à ce qu'une mystérieuse créature se mette à les décimer, ça va de soi ... A toi de jouer Schuyler!

Votre dévouée bookworm.

jeudi 13 mai 2010

Checkmate, de Malorie Blackman

Après un an d'hésitation, je me suis enfin lancée à l'assaut du 3ème tome de la trilogie Noughts and Crosses de Malorie Blackman. Qui depuis comporte un 4ème tome. Ma conclusion : hors de question que j'attende encore un an pour lire la suite de ce chef d'œuvre de suspense et d'hypocrisie humaine.
Petit topo des 2 premiers tomes, en essayant d'en révéler juste-assez-mais-pas-trop. Sephie est une Cross, une jeune fille noire, et les Crosses dirigent et dominent la société. Calum est un nought, un jeune homme blanc, et les noughts sont les rebuts de la société. Dans un monde qui rappelle bien sûr l'Amérique ségrégationniste d'il y a quelques décennies (et qui perdure encore aujourd'hui, n'en déplaise à Monsieur Obama), Sephie et Calum s'aiment. Dans un monde qui rappelle bien sûr l'Amérique ségrégationniste d'il y a quelques décennies, Sephie et Calum vont se faire taper dessus, humilier, rejeter, et même renier pour cet amour. Désabusé par la société, renvoyé du collège pour Crosses riches où il avait réussi à rentrer, Calum va rejoindre la liberation Militia, une organisation violente qui lutte à coups d'attentats pour l'égalité noughts-crosses.
Mais Sephie va tomber enceinte.
Et s'il n'y a pas de place dans cette société pour un couple Nought-Cross, il y a encore moins de place pour une preuve tangible et matérielle de cette union contre-nature. Vouant une haine féroce aux Crosses qui ont détruit sa vie et sa famille, Jude, le frère de Calum, va entreprendre de manipuler sa propre nièce, Callie-Rose, afin de la détruire, de se venger de Séphie et de sa famille, et d'entraîner la mort du plus grand nombre de Crosses possible dans la foulée. Et Callie-Rose n'a que 8 ans...

Votre dévouée bookworm.

lundi 3 mai 2010

Si je reste, de Gayle Forman

Après un dilemme Cornélien assez perturbant psychologiquement, je me suis décidée à lire ce livre en français plutôt qu'en anglais (disons qu'il était sous mon nez à la librairie et que ma journée avait été passablement pauvre, culturellement parlant, jusque là).
Et comme prévu, j'y suis allée de mon kleenex. En y repensant, ce livre m'a rappelé La nostalgie de l'ange d'Alice Sebold, en mieux, mais en pire. Je sais, c'est nébuleux, mais quand je vous aurai écrit (attention, révélation imminente...) que le personnage assiste à l'histoire tandis qu'elle est dans le coma, alors que son alter-ego Séboldien était belle et bien morte, on se sent un chouilla plus optimiste. Pour le côté "pire", je vous laisse la surprise, pas de raison que je sois la seule à investir chez lotus.
Pourquoi lire ce livre alors? Pour connaître la réponse au titre bien sûr. Va-t-elle rester? Le résumé par flash-back de sa vie va faire pencher la balance d'un côté, mais lequel? Et le plus grand topos de la littérature, toute culture confondu (l'amour, évidemment, quoi d'autre?) va-t-il encore triompher de l'adversité-de-ce-monde-plein-de -perversité-qui-ne-cesse-de-mettre-des-bâtons-dans-les-roues-à-ceux-qui-s'aiment? J'en fais des tonnes, vous l'aurez compris. Mais au fond, après ces 183 pages, peut-être pas tant que ça...

Votre dévouée bookworm.